UPR info ouvre des bureaux régionaux en Afrique

Le 19 avril 2016, l’ouverture du bureau régional en Afrique de UPR info a été formellement annoncée lors d’une conférence tenue à l’hôtel Intercontinental à Nairobi. Quarante invités, comprenant des diplomates, des officiels du gouvernement du Kenya et des représentants de la société civile étaient alors présents. Lors de son message de bienvenue, Mme Christine Alai, présidente du comité directeur d’UPR Info Afrique, a rappelé aux invités que l’Assemblé générale des Nations Unis a crée l’Examen Périodique Universel (EPU) afin d’examiner les rapports sur les droits humains de tous les Etats membres de l’ONU, et dans le but d’améliorer la protection et l’exécution des droits humains, en assurant une « protection universelle et une égalité de tous les Etats membres de l’ONU ». Actuellement, l’EPU s’est étalé sur deux cycles pendant lesquels les 193 Etats membres de l’ONU ont été examinés. En effet, le second cycle se finira en 2016, soit cette année. Mme Alai a indiqué que l’EPU a encouragé une collaboration de long terme entre les organisations non gouvernementales travaillant sur différents thèmes, les gouvernements, les institutions nationales des droits de l’homme (INDH) et les acteurs de la société civile afin de parvenir à une avancée concrète des droits à travers le monde. M. Jean-Claude Vignoli, directeur des programmes à Genève, siège d’UPR info, a rappelé qu’en juillet 2015, UPR info a organisé pour la première fois un dialogue entre le gouvernement et les ONG à Nairobi, dans le cadre du programme de « suivi des recommendations », qui a façonné l’approche de l’organisation. En effet, le gouvernement du Kenya et les ONG kenyanes ont toujours été une inspiration pour les parties prenantes de l’EPU à travers le monde. M. Vignoli a partagé avec ses invités qu’UPR info soutient les parties prenantes de l’EPU depuis 2008, alors que l’organisation n’était qu’un site internet. Aujourd’hui, l’organisation s’est agrandie et collabore avec plus de 4'000 ONG dans le monde, une douzaine de gouvernement, et conseille également des agences de l’ONU. UPR Info a organisé 150 rencontres à Genève dans l’idée d’améliorer la qualité et la pertinence des recommandations en faisant participer des ONG et les gouvernements pendant les pré-sessions. En raison du succès de l’EPU, UPR Info reçoit de nombreuses requêtes des gouvernements et des ONG qui veulent profiter de son expertise technique. Afin de répondre à cette demande, UPR Info a ouvert un bureau à Nairobi qui sera chargé de s’assurer de l’implémentation des recommandations. Néanmoins, pour mettre en œuvre ces demandes, nous faisons face à des défis tels que des fonds limités pour les ONG et les INDH, ainsi que le manque de volonté politique de certains pays. Marcella Favretto, conseiller cadre des droits humains du Haut commissariat pour les droits humains (HCDH), a noté que le taux de participation des Etats membres à l’EPU a atteint les 100%. Bien qu’un tel engagement soit positif et devrait nous rendre fier, l’évaluation du succès réel de l’EPU dépendra inévitablement de la mise en œuvre des recommandations et de l’impact sur le terrain. Mme Favretto a conclu en affirmant qu’avec l’ouverture des bureaux régionaux d’UPR Info, le HCDH se réjouit de renforcer son partenariat avec l’organisation afin d’assurer un plus grand engagement de la société civile dans le processus, en particulier lors de l’évaluation de l’implémentation des recommandations et en soutenant la coordination du gouvernement kenyan dans leur processus de mise en œuvre. M. Jamie Pennell, premier secrétaire du Haut-Commissariat canadien à Nairobi, a affirmé que le Canada est activement engagé et soutient l’établissement du mécanisme de l’EPU afin d’assurer l’universalité et l’impartialité par l’examen régulier de tous les Etats membres de l’ONU. Des impacts positifs réels de l’EPU sur le terrain ont été constatés, notamment avec la création d’un espace permettant à la société civile de s’engager avec les Etats examinés mais également avec les Etats examinateurs, dans le processus de l’examen. Il a également noté le rôle vital d’UPR Info dans le renforcement des liens directs entre la société civile et les Etats et, en particulier, le rôle direct dans l’offre d’information issue de la société civile aux Etats, en plus de sa capacité d’apporter son soutien non seulement aux Etats examinés mais également à la société civile. Un des résultats notables est l’amélioration de la qualité des recommandations faites, ce qui permet le renforcement de l’efficacité de l’EPU. Pour conclure, il a loué la création du nouveau bureau régional en Afrique d’UPR info, qu’il considère comme étant une étape importante garantissant la pérennité des recommandations de l’EPU, qui sont elles-mêmes à l’origine d’actions concrètes sur le terrain. Mme Janssen Stijn, première secrétaire et numéro deux de la représentation permanente de l’ambassade royale des Pays-Bas de l’ONU à Nairobi, a félicité UPR info pour l’ouverture de son bureau qu’elle considère comme étant un pas majeur rapprochant UPR Info de là où est la demande. Mme Stijn a rappelé à l’audience le rôle important qu’UPR info joue en réunissant les ONG pour se préparer à l’examen. Cela leur permet d’accéder à des informations correctes ainsi qu’à l’expérience d’UPR info, et ainsi de pouvoir participer efficacement au mécanisme. Il s’agit également d’un moyen permettant d’acquérir des connaissances sur la situation des droits humains dans un pays. Mme Stijn a conclut en notant qu’il est également crucial d’impliquer les ONG dans la phase de mise en œuvre, de même que les différents acteurs, chacun avec leur rôle respectif à jouer afin de parvenir à l’aboutissement de leur but commun. M. David C. Jourdan, premier secrétaire de l’Ambassade royale de Norvège à Nairobi, a affirmé avoir le plaisir d’être témoin des débuts d’UPR info sur le terrain. Selon lui, l’EPU est un instrument formidable permettant d’avoir des discussions globales sur les obligations des droits humains de chaque pays. Il a également formulé que, tout comme la Norvège voit l’EPU comme l’un de ses enfants, elle voit UPR info comme étant l’un de ses petits-enfants. Mme Maryann Njau-Kimani, secrétaire du bureau du procureur général et du département de justice, a pris la parole au nom du procureur général. Elle a réaffirmé le dévouement du gouvernement au mécanisme de l’EPU, à la mise en œuvre de toutes les recommandations acceptées ainsi qu’à un examen réaliste de celles notées afin de parvenir à leur mise en œuvre. Le Kenya a adopté l’EPU et le considère comme étant un mécanisme viable pour la promotion et la protection des droits humains, un outil pratique afin de mettre en œuvre la Constitution du Kenya, ainsi qu’une ressource politique précieuse à pour le développement national. Mme Njau-Kimani a remercié UPR info d’avoir choisi d’établir son bureau régional à Nairobi. Il s’agit non seulement d’une reconnaissance des progrès que le Kenya a faits en matière des droits humains, mais également une reconnaissance de l’espace démocratique dont les ONG et les autres acteurs non-étatiques jouissent.