L’Observatorio Ciudadano: comment les ONG au Chili tirent parti de l’EPU

L’Examen Périodique Universel représente pour les ONG une occasion exceptionnelle pour faire entendre leur voix et légitimer leurs revendications: il est donc extrêmement important de tirer pleinement parti de l’EPU, en exploitant ses résultats et en partageant entre ONG les pratiques qui ont le plus de succès. L’Observatorio Ciudadano (l’«Observatoire des Citoyens ») est une ONG chilienne fondée en 2004. Elle est très active dans le domaine des droits de l’homme et des peuples autochtones ; en outre, elle est un bon exemple de comment utiliser au mieux les résultats de l’examen dans le but d’améliorer ses campagnes de plaidoyer et de sensibilisation sur le processus. José Aylwin, co-directeur de l’Observatorio, a accepté de répondre aux questions d’UPR Info sur les activités de son organisation et sur son implication dans l’EPU.

Cette interview, a l’origine réalisée en anglais, est ici reproduite en français. La version original se trouve à ce lien.

"Nous croyons que ce processus est utile", explique Aylwin. "Il identifie les lacunes que le Chili a en matière de droits de l’homme. Les informations sortant de l’EPU du Chili sont frappantes lors de demandes spécifiques concernant la non-exécution des obligations internationales en matière des droits de l’homme. [L’EPU] soutient la perspective des ONG engagées dans les droits de l’homme sur de nombreuses questions, en fournissant plus de force à nos revendications ".

Après l’examen, l’Observatorio - qui fait également partie d’une plus grande coalition d’ONG chiliennes, se réunissant une fois par mois - a fait une utilisation importante des recommandations issues de l’EPU dans le but de sensibiliser et faire pression sur les institutions chiliennes. "Nous avons publié un livre et une brochure d’éducation populaire comprenant les informations de l’EPU. Nous avons lancé [en Juin 2010] un site web ("Monitoreando Derechos") qui inclut les mêmes informations, et avons organisé plusieurs ateliers dans tout le pays. Nous avons rencontré le gouvernement chilien et les législateurs pour diffuser cette information".

Mais comment le gouvernement réagit-il aux activités de l’Observatoire? "Nous sommes mis en contact avec le gouvernement lors de la présentation de notre publication sur le Chili", poursuit Aylwin, "mais la Commission des droits de l’homme au sein du Sénat et la Chambre des Députés ont été plus réceptifs vers la nécessité de s’engager dans des changements en matière de droits de l’homme, comme recommandé à l’EPU. Le gouvernement, cependant, a identifié certaines réformes (15 au total) et les a inclus dans son ordre du jour. Bon nombre des réformes recommandées par le CDH sur l’EPU du Chili n’ont pas été mises en œuvre. [...] "Mai Aylwin reste positif:« [Néanmoins], nous croyons que nous avons eu du succès en sensibilisant l’État chilien sur la nécessité de se conformer aux normes internationales des droits de l’homme. Par exemple, le Président de la République a récemment annoncé la création d’un Sous-Secrétariat au Droits de l’Homme au sein du Ministère de la Justice ".

Aylwin croit au potentiel de l’EPU, qu’il tient pour être un outil éminemment utile pour fournir une matière importante aux organes des traités. Toutefois, il souligne également que l’un des défauts majeurs de ce processus est l’espace limité accordé à la contribution des ONG: «J’ai assisté à l’EPU en mai 2009, quand le Chili a été examiné. L’espace concédé à la société civile a été minime. Dans cette procédure les représentants des ONG devraient être autorisés à parler et à être entendus par les membres du CDH. Enfin, les rapports de la société civile devraient aussi être analysées par tous les Etats ".