Le Conseil des droits de l’homme discute l’intégration d’une perspective de genre, concentrée sur l’EPU

En tant qu’élément requérant de son agenda annuel, le Conseil des droits de l’homme (CDH) a tenu une discussion sur l’intégration d’une perspective de genre dans le travail du CDH, particulièrement en ce qui concerne l’EPU. Les panélistes étaient composés de représentants du Haut-Commissariat aux droits de l’homme (HCDH), du Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes (CEDAW), du Comité des droits économiques, sociaux et culturels (CESCR), du groupe de travail sur les disparitions forcées et des institutions nationales de droits humains.

Plusieurs intervenants ont attiré l’attention sur le grand potentiel de l’EPU en tant qu’instrument important du renforcement des droits des femmes. L’intégration d’une perspective de genre peut être atteinte dans de nombreuses étapes du processus de l’EPU. Premièrement, il y a la possibilité d'impliquer davantage les femmes et les organisations pour les droits des femmes en tant que consultants lors de la préparation des documents sur lesquels l’examen est basé. Ces institutions pourraient alors soumettre leurs informations, qui seront intégrées dans le résumé préparé par l’HCDH. Deuxièmement, il a été proposé que le rapport national contienne une partie réservée aux problèmes de genre, afin d’assurer une attention constante à ce sujet. Troisièmement, lors des dialogues interactifs les Etats pourraient aborder des questions à ce sujet afin de garder cette problématique au premier plan de l’attention de l’Etat et faire des recommandations à ce sujet. Finalement, les femmes devraient aussi êtres plus impliquées dans le suivi et la mise en œuvre des recommandations.

Des intervenants ont également fait remarquer le potentiel de renforcement mutuel des organes de traité et des procédures spéciales. Les recommandations des organes de traité, surtout de CEDAW et du rapporteur spécial sur la violence contre les femmes, peuvent servir d’inspiration pour les questions et recommandations faites à l’Etat examiné lors de l’EPU et devraient êtres plus utilisé par les Etats demandant des questions et donnant des recommandations. En outre, les recommandations concernant la ratification des traités internationaux tels que le CEDAW, ou les réservations à ces derniers peuvent aussi avancer les droits des femmes et renforcer le travail des organes de traité.

Un point de critique a reposé sur le fait que les droit des femmes était souvent abordé lors du groupe de travail et dans les recommandations finales, de manière unidimensionnelle et non-conceptualisée, se concentrant seulement sur les femmes en tant que victimes. Cependant, pour vraiment habiliter les femmes, les discussions et recommandations doivent se concentrer sur les femmes en tant que titulaires de droits. En outre, le fait de simplement assurer la participation des femmes lors de l’EPU n’est pas suffisant pour atteindre l’intégration d’une perspective de genre. Il a finalement aussi été proposé d’envisager une directive pour une stratégie de genre, afin de  concrétiser le principe d’intégration d’une perspective de genre contenu dans la résolution 5/1.