Ban Ki-moon s'alarme des attaques subies par les défenseurs des droits humains à l'EPU

Le 27 août 2014 le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a publié son rapport annuel sur les représailles dans le cadre de la "Coopération avec l’Organisation des Nations Unies, ses représentants et ses mécanismes dans le domaine des droits de l’homme". Il a exprimé ses plus vives préoccupations quant aux actes d’intimidation et de représailles dont les défenseurs des droits de l’homme font continuellement l’objet. Le rapport mentionne principalement des pays africains et asiatiques ; toutefois Ban Ki-moon rappele que les cas étudiés ne constituent que la partie émergée de l’iceberg. Quatre cas sont liés à l'EPU.
 
Au Cameroun plusieurs membres de l’Association pour le développement social et Culturel des Mbororo ont été victimes de mesures de représailles suite à leur participation au second examen périodique universel du Cameroun. Ainsi, le 1er juillet 2012, Jeidoh Duni, le représentant légal de l’association, a fait l’objet d’une tentative d’assassinat. Un an plus tard, le 5 juillet 2013, le directeur de la Fondation camerounaise pour le SIDA – qui a contribué à la rédaction du rapport de Human Rights Watch pour le second examen du Cameroun – a été retrouvé mort dans son domicile à Yaoundé. Une procédure a été initiée mais aucune enquête n’a été réalisée sur la scène du crime et aucune autopsie n’a été menée.
 
La situation en Chine a été particulièrement bien documentée. Le 18 juin 2013, environ 150 activistes qui demandaient la participation de la société civile à l'EPU commencèrent un sit-in devant le ministère des Affaires Étrangères. Le 1 juillet 2013, la police avait mis en détention nombre de ces manifestants. Le rapport cite également le cas de Mme Cao Shunli, une juriste spécialisée dans les droits de l’homme qui a été une figure importante dans la campagne menée pour la transparence et la participation active de la société civile dans l’examen périodique universel de la Chine. Celle-ci fut arrêtée par les autorités chinoises alors qu’elle embarquait pour Genève dans le but de se former sur les mécanismes des Nations Unies relatifs aux droits de l’homme. Détenue au centre de détention du district de Chaoyang, elle n’a pas pu avoir accès à ses médicaments pour le foie, ce qui a eu pour effet d’aggraver son état de santé. Elle est décédée le 23 septembre 2013. A l’occasion de l’adoption du rapport sur son examen périodique universel, la Chine a empêché une ONG d’observer un moment de silence soutenant que les ONG devaient se limiter à émettre des commentaires d’ordre général. Un nombre d'autres activistes et avocats furent interroger et avertis en lien avec cette formation à Genève. Notamment, Mme Chen fut interdite de voler au moment de prendre son avion pour Genève à l'aéroport international de Baiyun.
 
En Malaisie, la Coalition des ONG malaisiennes COMANGO a été sujette à des mesures de représailles suite à sa participation à l’examen périodique universel du pays. Ainsi, suite au lancement d’un forum en ligne intitulé « Faire face au menace du libéralisme et des Shi’ites » le 2 octobre 2013, la Coalition a reçu des menaces, y compris de la part des membres du gouvernement. La Coalition a été déclarée illégale par le Ministre des affaires intérieures le 8 juillet 2014.
 
Au Viêtnam, M. Cau qui avait participé le 4 février 2013 à un événement intitulé « Les voix bannies de la Société Civile » organisé avant l’examen périodique universel du Viêtnam, a été mis sous surveillance depuis mars 2013. Le 1er juillet 2014, il a été arrêté alors qu’il embarquait pour Ho Chi Minh ville ; accusé de détenir du matériel terroriste. Il a été assigné à résidence durant le déroulement de l’enquête relative à cette affaire.
 
M.Ban Ki-Moon conclut son rapport en rappelant qu’il revient premièrement aux États de protéger ceux qui coopèrent avec les Nations Unies, ses représentants et les mécanismes relatifs aux droits de l’homme et leur demande alors d’agir en ce sens. Il recommande notamment la mise en place d’un point focal chargé de la question des actes d’intimidation et de représailles. Il exhorte les Nations Unies, ses représentants et les mécanismes relatifs aux droits de l’homme de développer leur coopération auprès des parties intéressées et d’apporter des réponses coordonnées aux cas d’intimidation et de représailles.


Credit: UN Photo/Jean-Marc Ferré